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Des villes régénératives

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    21 termes annotes. 2 non trouves dans le texte affiche (voir knowledge.md) : régénératif / régénérative, le conditionnel journalistique.

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    Sur les 8 milliards d’habitants de notre planète, près de 60% vivent en milieu urbainurban environment / urban setting. Les villes exercent un impact majeur sur la nature. Chaque projet urbain, chaque bâtiment, chaque infrastructure construite dans nos villes concourt àto contribute to, to play a part in notre bien-être, mais engendre également des impacts significatifs sur l’environnement et les espèces vivantes qui nous entourent.

    Tendances Première recevait Eduardo Blanco, ingénieur et urbaniste, docteur en sciences de l’environnement pour son ouvrage La ville régénérative aux éditions Apogée. C’est un simple mur, un espace minéral à la verticale. Pourtant, s’il est conçu dans une recherche de la biodiversité, pas comme un jardin vertical domestiqué par l’homme, il peut devenir un allié de la nature, un espace d’habitat pour d’autres espèces.

    Eduardo Blanco décrit ce biotopebiotope (a habitat defined by its physical conditions) expérimental construit dans une école de Boulogne-Billancourt : 'Ce mur a plein de petites cavités, des petits caniveaux humides, qui vont permettre aux graines de se déposer, qui vont créer des opportunités pour les insectes et les oiseaux de nicher. Cela peut devenir un mur végétaliségreened, planted with vegetation (of a wall, roof, etc.) naturellement qui va évoluer au fil des saisons, sur lequel il y a beaucoup moins d’entretien que les murs végétalisés habituels'. C’est un exemple d’utilisation d’une surface stérile qui peut devenir le centre d’opportunités pour la biodiversité.

    À partir de 2050, ce sont près de 10 milliards d’occupants qu’il faudra héberger sur Terre. La planète qui était à la moitié rurale et moitié citadine est aujourd’hui majoritairement urbaine. L’utilisation des surfaces change, et l’impact sur l’environnement aussi.

    Eduardo Blanco explique : 'Ces changements des écosystèmes naturels, une forêt qui devient une prairie puis un espace urbain, il est prouvé scientifiquementit is (scientifically) proven that — impersonal passive construction que c’est l’une des sources principales du changement climatique et de la perte de la biodiversité'. Pour ce docteur en sciences de l'environnement, il faut passer à la vitesse supérieureto step up a gear, to go further / take it to the next level : Quand on essaie de concevoir une ville durable, d’atteindre la neutralité des impacts humains, d’aider à la transition écologique, ce n’est plus suffisant. Il faut aller au-delàto go beyond, to exceed (a given limit).

    La logique de réduction des impacts et de la recherche de la neutralité manque donc d’ambition. Il faut au contraire susciter des impacts positifs partagés par la nature et les êtres humains. Et pour ce faireto do so / in order to achieve this, il faut avant tout observer et comprendre l’écosystème dans lequel on s’installe estime cet ingénieur et urbaniste.

    Le premier réflexe que la société devrait avoir lorsqu’elle colonise un nouvel espace, c’est d’analyser le génie du lieuthe spirit / genius of the place (its intrinsic character and assets) avance Eduardo Blanco. Il faut se poser les bonnes questions et rassembler différents points de vue : quelles en sont les ressources naturelles ? Quel est le principal bénéfice et intérêts dont on peut tirer partito make the most of, to take advantage of ?

    Peu à peu, des bâtiments régénératifs s’érigent, des écoquartiers apparaissent. En plus de l’architecte et de l’urbaniste, interviennent des profils comme des écologues, des sociologues, des personnes de la société civile. Eduardo Blanco donne l’exemple du 'Paddock', une ancienne frichewasteland / brownfield (mining wasteland) minière à Castlemaine en Australie : 'La première chose qui a été faite pour aménager ces quartiers, c’était un atelier de diagnostic participatifparticipatory diagnostic / community-based assessment avec les citoyens.

    Parce que faire un projet régénératif, c’est aussi engager les parties prenantesthe stakeholders. Ensuite, la pluviométrierainfall levels / pluviometry, l’écoulement des eaux, la faune et la flore ont été étudiés. La production d’énergie solaire a été calculée.

    Une fois ce diagnostic posé, ces données vont orienter le cahier de charges du projet. On comprend le système naturel dans lequel on va s’insérer, on comprend quelles en sont ses limites, et donc on va façonner un projet qui respecte ces limites'. Le résultat, c’est un quartier complètement autonomeself-sufficient, autonomous (for energy / water) en énergie et en eau.

    Seulement 40% de la surface est aménagée et les 60% restant à un caractère naturel. Ce sont des espaces verts, des toitures ou murs végétaux, des zones potagères qui fournissent l’alimentation des occupants. Aujourd’hui, le cadre de conception d’écoquartiers, validé et orienté par l’État, n’intègre pas encore la notion d’impact positif.

    La création de la ville régénérative n’est pas figée dans le temps. Il est impératifit is essential / imperative to + infinitive de penser à la coévolutionco-evolution (two systems evolving together) des deux systèmes. Il n’apporte pas encore cette notion de symbiosesymbiosis (mutually beneficial relationship) des symbioses.

    'La ville, c’est quelque chose qui bouge tout le temps, les écosystèmes aussi. Ces projets doivent être un catalyseurcatalyst (agent of change), un déclencheur de changement, un processus de coévolution. Les deux systèmes, l’urbain et le naturel, doivent évoluer ensemble doucement' espère l'ingénieur et urbaniste.

    'Aujourd’hui, les systèmes socio économiques, le capitalisme, le néolibéralisme, regardent uniquement les bénéfices immédiats à court et moyen terme. Sans le long termewithout + noun — expresses a negative condition (= si on n'a pas…), on est en train de se tirer une balleto shoot oneself in the foot (to act against one's own interests) dans le pied. Parce que sans nature, sans écosystème, sans une bonne santé des milieux naturels, il n’y a pas de bonne santé pour les êtres humains non plus'.

    ► L’intégralité de l’entretien avec Eduardo Blanco est à retrouver dans le podcast de Tendances Première ci-dessus ou sur Auvio.

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