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La montée des eaux & le conditionnel (hypothèse / concession)

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    18 termes annotes. 3 non trouves dans le texte affiche (voir knowledge.md) : le conditionnel présent (hypothèse irréelle du présent / futur), bien que + subjonctif, même si + indicatif.

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    Une étude récente publiée dans la revue Nature met en lumièreto shed light on, highlight un problème majeur dans la façon dont les scientifiques évaluent les risques liés à la montée des océans. Cette analyse examine 385 publications scientifiques sur les impacts de l’élévation du niveau de la mer entre 2009 et 2025. Et les résultats sont alarmants : plus de 99 % de ces évaluations reposent surto be based on, to rest on des méthodes qui ne prennent pas pleinement en compte la relation entre le niveau de la mer et l'altitude des terres côtières.

    Cela peut conduire à sous-estimerto underestimate localement la hausse du niveau de la mer par rapport aux côtes. Concrètement, les chercheurs ont découvert que le niveau moyen des mers côtières est en moyenne 0,24 à 0,27 mètre plus élevé que ce qui est couramment supposé dans ces études. Cela provient souvent de l’utilisation de modèles globaux théoriques qui ne capturent pas les variations localeslocal variations dues aux courants, aux vents ou à la gravité.

    Dans certains cas extrêmes et très localisés, les écartsgaps, discrepancies, deviations peuvent atteindre plusieurs mètres, mais c’est surtout dans l’hémisphère sud (comme en Asie du Sud-Est, dans le Pacifique et l’océan Indien), que les sous-estimationsunderestimates, underestimations sont les plus marquées, avec des différences dépassant souvent 1 mètre. Si le niveau de la mer augmente d'1 mètre supplémentaire par rapport aux précédentes projectionsprojections, forecasts, comme le prévoient certaines projections d’ici la fin du siècle, cela signifie que 31 à 37 % de terres supplémentaires pourraient être submergées. La surface touchée passerait de 294 500 à 431 100 km² à 460 100 à 670 000 km².

    En termes humains, cela toucherait 48 à 68 % de personnes en plus, portant le nombre de personnes exposées à 77 à 132 millions au lieu des 34 à 49 millions estimés précédemment. En Asie du Sud-Est, l'impact pourrait doubler pour les populations et les terres affectées. Pour comprendre ces sous-estimations, il faut considérer les complexités des océans.

    'C’est un thème très complexe. Le système est très dynamique', explique le Dr Aida Alvera Azcarate, océanographe à l’Université de Liège. 'Il y a des processus océaniques qui peuvent faire changer le niveau de la mer de manière permanente ou temporaire.' Par exemple, un coup de vent ou un ouragan peut pousser l’eau vers les côtes, augmentant temporairement le niveau.

    'Les variations de température causées par le réchauffement climatique sont, elles, irréversiblesirreversible.' L’océanographe pointe aussi le manque de données locales. 'Il y a des régions où l’on ne dispose d’aucune estimation de l’évolution du niveau de la mer au fil du temps.' Les mesures in situin-situ measurements (taken on-site, in the field), prises directement sur place, sont rares, surtout dans l’hémisphère sud, où les études privilégient souvent des données satellites globales. Ces satellites, bien qu’utiles depuis les années 1990, peinent àto struggle to, to have difficulty doing établir un 'niveau de référence' précis en raison de la forme irrégulière de la Terre et des variations de gravité.

    Climatologue et professeur émérite à l’UCLouvain et Ancien vice-président du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), Jean-Pascal Van Ypersele confirme que ces sous-estimations affectent non seulement les observations actuelles mais aussi les projections futures. 'Si le niveau a déjà monté plus que ce qu’on ne pensait, il est certain qu’il continuera à augmenter. Selon les projections, il pourrait encore gagner un demi à un mètre et demi d’ici la fin de ce siècle.

    Le niveau des mers projeté sera donc forcément plus élevé.' Selon lui, le point de départ des projections du GIEC est ainsi plus haut, ce qui gonfle les risquesto inflate / amplify the risks. Le climatologue met l’accent sur les incertitudes restantes, notamment la stabilité des calottes glaciairesice caps, ice sheets. 'L’incertitude principale sur l’élévation du niveau des mers d’ici la fin du siècle et au-delà, est liée à la stabilité ou à l’instabilité des calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique.' Si le Groenland fondait entièrement, cela représenterait 7 mètres de hausse en moyenne.

    Pour l’Antarctique... 70 mètres. Bien que cela prenne des milliers d’années, des instabilitésinstabilities locales, surtout en Antarctique ouest, pourraient accélérer le processus.

    'S’ils deviennent instables, ça veut dire qu’à un moment donné, ils pourraient glisser sur leur substratsubstrate, bedrock, underlying layer et qu’un très gros morceau de glace pourrait s’avancer vers l’océan.' 'Malgré ces avertissementswarnings, le professeur regrette un 'grand décalagethe big gap, the major disconnect' entre la science et les actions publiques. 'Je pense qu’il y a très peu de régions du monde qui ont suffisamment conscience de ce risque. Cela inclut le risque d’une élévation moyenne bien plus élevée que le demi-mètre supplémentaire.' Les infrastructures portuaires et les villes côtières comme New York, Shanghai ou Marseille ne sont pas assez préparées.

    'Les politiques, peu conscients de ces risques, préparent insuffisamment leurs pays, leurs infrastructures et leurs villes côtières à ce qui pourrait se produire.' Des mesures existent pour protéger les infrastructures et les populations, même si elles restent coûteuses. Jean-Pascal Van Ypersele cite l’exemple de la Tamise à Londres, où des barrages automatiques se ferment en cas de tempête pour protéger la ville : 'Ça a été activé ces dernières années de plus en plus souvent à cause très probablement de l’élévation du niveau moyen des mers.' Aux Pays-Bas, où une partie du territoire est déjà sous le niveau de la mer, l’expertise en digues et en gestion des eaux est exemplaire. Pour Aida Alvera Azcarate, les mouvements naturels des côtes, affaissementsubsidence, sinking (of land) ou remontée, aggravent le problème : 'Dans certains endroits, la terre s’enfonce naturellement.

    Dans ces cas-là, l’élévation du niveau de la mer est encore plus marquée.' À l’échelle locale, les communautés peuvent agir en relevant les diguesto raise the dykes / sea walls, en élaborant des plans d’évacuation ou en évitant de construire près des côtes. Mais comme le souligne Jean-Pascal Van Ypersele, 'ce n’est pas évident du tout' pour les ports, qui doivent rester accessibles.

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