18 termes annotes. 7 non trouves dans le texte affiche (voir knowledge.md) : s'autoréguler, aller de pair (avec), pour / afin de + infinitif, pour que / afin que + subjonctif, de peur que / de crainte que + subjonctif, en vue de / dans le but de / dans l'intention de + infinitif, l'expression du but.
La moitié de la population belge est en surpoidsbeing overweight et 18% des Belges souffrent d’obésitéobesity. Ces chiffres de Sciensano, organisme national de santé publique, sont expliqués en grande partie par un déséquilibre dans notre alimentation. Et les fastfoods n'aident pas : trop caloriques, trop salés, trop gras, ultra-transforméultra-processed (food)s…
C’est simple, les repas servis dans les fastfoods ne respectent pratiquement aucune des recommandations du Conseil Supérieur de la Santé. 'C’est une alimentation qui est très dense, avec des calories qui sont assez vides. Ça veut dire qu’on peut manger sans se rendre compteto realise, to become aware (of) qu’on a déjà trop mangé', explique Nicolas Berger, responsable de l’unité Nutrition et activité physique chez Sciensano.
En plus des problèmes liés au surpoids, la composition des aliments proposés dans les fastfoods favorise le développement de maladies cardio-vasculairescardiovascular diseases, de diabète de type 2, d’hypertension et même de certains cancers, selon l’expert en santé publique. L’environnement alimentairefood environment (all factors that influence what we eat), c’est l’ensemble des dimensions qui vont avoir un impact sur les choix (d’alimentation, ndlr) qu’on va faire dans notre quotidien. Alors que les impacts sur notre santé semblent aujourd’hui de plus en plus connus, la fréquentation des fastfoods, elle, ne diminue pas.
La faute à un concept clé : 'l’environnement alimentaire'. 'Quand un consommateur a faim, il regarde autour ce qu’il y a autour de lui, dans son environnement. Et on constate qu’il y a énormément de fastfoods en Belgique.
Un deuxième aspect, c’est le prix. Dans un fastfood on peut acheter de la nourriture pour vraiment pas grand-chose. Et un autre facteur, ça va être la publicité.
Il ne faut pas se promener plus de cinq minutes dans la rue pour voir une publicité pour un fastfood. Tous ces éléments ont un impact sur les choix que les gens vont faire. […] L’environnement alimentaire, c’est l’ensemble des dimensions qui vont avoir un impact sur les choix (d’alimentation, ndlr) qu’on va faire dans notre quotidien.' Aujourd’hui, la Belgique compte plus de 1000 fastfoods, et 250 nouveaux établissements sont annoncés d’ici 2030.
Un environnement alimentaire qui se dégrade donc au fur et à mesuregradually, as (time goes on / as something progresses) que les fastfoods progressent. Pour le mesurer, les experts de Sciensano utilisent un indice. Dans un rayon de 1 km autour de chaque habitation, le nombre de magasins proposant des aliments sains est comparé au nombre de magasins proposant des aliments mauvais pour la santé.
Ainsi, un indice proche de 1 pour une habitation signifie alors que l’offre en alimentation saine est majoritaire aux alentours de celle-ci. À l’inverse, si l’indice est proche de 0, l’offre en malbouffejunk food est alors plus grande que celle en produits sains. Les experts ont par exemple appliqué cet indice pour la ville de Liège dans la carte ci-dessous.
On voit ainsi, qu’à Liège, l’indice est majoritairement très faible, témoignant d'un environnement alimentaire malsain. En clair : les habitations sont plus proches de fastfoods que d’offres alimentaires saines. L’une des grandes stratégies marketing des fastfoods est de ciblerto target les enfants et adolescents.
Comme l’indique Nicolas Berger, 'les jeunes font particulièrement l’objet de publicités. Il y a un marketing très agressif, à la fois dans la rue et sur les réseaux sociaux.' Une offre alimentaire en général proche des écoles également. En Wallonie, les élèves du secondaire doivent marcher 398 mètres pour trouver un fastfood ou une enseigne de plats à emporter.
Ils doivent en revanche marcher 857 mètres pour trouver des aliments sains, selon des chiffres de Sciensano. Et la situation est similaire en Flandre. Selon le Conseil Supérieur de la Santé, les élèves du primaire peuvent voir en moyenne 7 publicités pour des aliments malsains à moins de 250 mètres de l’entrée de leur école, contre 10 publicités pour les élèves du secondaire.
Les experts de Sciensano soutiennent qu’il n’existe pas une solution miracle, mais un panel de mesuresa set / package of measures à mettre en place. Nicolas Berger en cite quatre. D’abord, 'restreindre le marketing.
Par exemple la publicité dans les métros. C’est quelque chose qui se fait déjà à Londres'. Si, en Belgique, l’industrie dit s’autoréguler en interdisant les publicités auprès des moins de 16 ans depuis le premier janvier 2026, Sciensano préconiseto recommend, to advocate (formally) néanmoins des mesures plus fortes et mieux contrôlées.
Comme en Angleterre, où toute publicité pour des aliments considérés comme 'malbouffe' est interdite avant 21h à la télévision et sur internet, et ce, afin de préserver les enfants. 'Il y a aussi les labels. On pourrait simplement obliger les vendeurs à indiquer les calories présentes dans les menus.
Parce que souvent, les gens ne se rendent pas compte que ces menus sont très riches en calories.' Troisièmement, selon Nicolas Berger, les municipalités ont également le pouvoir de réduire l’accessibilitéto reduce access / accessibility aux fastfoods. Par exemple, la commune d’Anderlecht a créé une taxe annuelle de 12 000 euros pour les fastfoods dans le but de préserver la santé de ses habitants. Dans la province de Liège, la commune de Soumagne a quant à elle interdit l’installation d’un McDonald’s, estimant que l’offre en fastfoods est déjà grande dans la commune et que l’HoReCahotel, restaurant and café sector (Belgian/French term for hospitality industry) local doit être soutenu.
Dernière mesure suggérée par Nicolas Berger : agir sur le prix. 'Le coût des fastfoods ne correspond pas au coût réel qui est associé à cette alimentation […] Quand on parle de coût réel, ça comprend le coût sociétalthe societal cost (cost borne by society as a whole), sanitaire et environnemental.' Selon Nicolas Berger, augmenter le coût des repas dans les fastfoods pourrait ainsi permettre de subsidierto subsidise (belgicism; standard FR: subventionner) les coûts sanitaires et environnementaux qui en résultent. Aux coûts et conséquences liées à la santé s’ajoute également l’impact environnemental.
On peut notamment penser à la quantité de déchets que produisent les fastfoods, mais d’autres éléments sont également à considérer. La nourriture des fastfoods est centrée sur la viande rouge et souvent le fromage, or, comme expliqué dans cette étude belge, les produits d’origine animale représentent 67% de l’impact climatique de nos assiettes en Belgique. De plus, les produits ultra-transformés, très présents dans les fastfoods, représentent la moitié des émissions de gaz à effet de serregreenhouse gases liées à notre alimentation.
S’ajoutent à ces impacts tous les pesticides et engrais chimiques utilisés dans les cultures intensivesintensive farming / intensive cultivation, un modèle agricole allant souvent de pair avec les besoins de rendement du secteur. Selon Nicolas Berger, limiter les fastfoods permettait donc de régler deux problèmes à la fois. En améliorant notre environnement alimentaire et particulièrement celui des plus jeunes, les impacts positifs se feront ressentir tant sur notre santé que pour la planète.
Un changement souhaité par une majorité de Belges, selon un sondage de Sciensano réalisé en 2022. 'La population se rend compte qu’il y a un problème dans nos environnements alimentaires et est à la demande des décideurs politiquespolitical decision-makers, policymakers de faire quelque chose pour les aider', conclut Nicolas Berger. Pour en apprendre plus sur les environnements alimentaires, retrouvez l'épisode de Y’a pas de planète B consacré aux fastfoods sur Auvio !